Claude Rouget

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Tromsø – loin du reste du monde

En 2003 il est difficile de se rendre compte à quel point Tromsø et le nord de la Norvège en général sont éloignés du reste du monde. Aujourd'hui deux heures de vol seulement séparent le Paris du Nord de la capitale norvégienne. Ici j'ai voulu tracer quelques points de repère sur l'histoire moderne des transports et de la communication entre le sud et le nord de la Norvège.

1814

Le 19 février, le prince Christian Fredrik envoie une lettre à toutes les paroisses norvégiennes leur demandant d'envoyer des représentants pour l'Assemblée Nationale. La lettre atteint le préfet de Troms le 14 avril... Les trois représentants élus se mettent en route vers Oslo en août, mais arrivent trop tard à destination!

1838

Le «Prinds Gustav» fait escale à Tromsø le 17 mars. Il s'agit du premier bateau à vapeur régulier le long de la côte norvégienne au nord de Trondheim. Léonie d'Aunet, qui a voyagé avec le «Prinds Gustav» en 1839, écrit: «Il y a encore peu d'années, on mettait un mois à faire le trajet entre Drontheim et Hammerfest; maintenant, grâce au bateau à vapeur dont le roi Bernadotte a doté le Finmark, on le fait en huit jours.»

1869

Le télégraphe atteint Tromsø. Pendant le discours d'inauguration, il est mentionné que rien d'aussi important n'est arrivé à Tromsø depuis le lancement du bateau à vapeur le long de la côte.

1893

Richard With (né à Tromsø en 1846) est depuis longtemps irrité du fait que les bateaux à vapeur ne naviguent pas pendant la nuit. Le père de l'Express Côtier a de quoi être fier: le «Vesteraalen» arrive à Tromsø à l'heure précise, le 5 juillet 1893 après 51 heures de navigation depuis Trondheim.

1899

Tromsø vient à peine de recevoir l'électricité (le 18 janvier 1898) et voilà maintenant la liaison téléphonique avec le reste du pays. Mais le téléphone en lui même n'est pas nouveau: en 1886 déjà, un central téléphonique fonctionnait en ville pour 40 abonnés.

1902

Le chemin de fer de Kiruna (Suède) à Narvik est ouvert le 7 novembre 1902. C'est le débarquement du minerai de fer de Kiruna vers un port libre de glace toute l'année qui a été la motivation première de cette construction audacieuse au dessus des falaises de Narvik. Jugez plutôt: 20 tunnels et 6 ponts entre Narvik et la frontière suédoise! (42 km)

1922

Le premier bateau russe après la Révolution de 1917 fait son apparition. Les tromsois espèrent que le commerce de Pomor avec les russes, florissant de 1850 environ à 1917 va bientôt reprendre. Il n'en est rien. L'échange seigle et bois russes contre poisson et fourrures de Norvège est bel et bien mort.

1936

La route nationale atteint Tromsø. Enfin presque, puisqu'il y aura un bac pour arriver sur l'île jusqu'en 1960.

1938

La première liaison aérienne régulière à partir de Tromsø est mise en place. Le 6 juin le vol Bergen – Trondheim – Tromsø devient une réalité. L'hydravion amerrit au nouvel aéroport maritime de Tromsø, sur le détroit entre Tromsø et le continent.

1952

L'aéroport de Bodø est inauguré. Commencé par les Allemands pendant la seconde guerre mondiale, il est agrandi pour les besoins militaires de l'OTAN et ouvert à l'aviation civile en 1952.

1960

Le pont de Tromsø ouvre enfin la circulation entre le continent et l'île de Tromsø. Le pont de Sandnessund, lui, reliera l'île de Tromsø à l'île de Kvaløya en 1974.

1962

La ligne de chemin de fer Trondheim-Bodø, commencée en 1902 et forcée par les Allemands pendant la deuxième guerre mondiale, est enfin inaugurée le 7 juin 1962. Mais les trains circulaient déjà au nord du cercle polaire depuis 1947 (jusqu'à Lønsdal) et s'arrêtaient à Fauske depuis 1958.

1964

Tromsø devient l'égale aérienne de Bodø: l'aéroport de Langnes ouvre ses portes aux voyageurs. Depuis 1952, il était possible de voler du sud de la Norvège jusqu'à Bodø toute l'année, puis de Bodø en hydravion jusqu'à Tromsø pendant les trois mois d'été.

2003

Tromsø attend encore la prolongation du chemin de fer. Il existe bien un café de la gare, ouvert par un cafetier optimiste dans les années 1980, quand il fut question pour la dernière fois d'étudier la rentabilité d'une ligne Narvik – Harstad – Tromsø.

Sources:

  • Le quotidien Nordlys: éditions datées 31.12.1993 et 18.06.1994 (bicentenaire de Tromsø)
  • Brochure du "Norsk Telemuseum Tromsø"
  • Chemins de fer norvégiens
  • Léonie d'Aunet: Voyage d'une femme au Spitzberg (1854, réédité en 1995 chez Actes Sud)
© Claude Rouget, 2003