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Inutile de présenter Roald
Amundsen, l'homme qui le premier a foulé le pôle sud en
1911 et qui a survolé le pôle Nord en 1926 à bord
du dirigeable «Norge».
Mais l'explorateur norvégien
a mauvais caractère et un grave conflit avec Umberto Nobile,
le constructeur et pilote du dirigeable «Norge» porte de
l'ombre à ce dernier succès. Amundsen ne veut pas
reconnaître la part importante de Nobile à la réussite
de l'entreprise et omet volontairement de citer Nobile comme l'un des
principaux dirigeants de ce survol audacieux. Nobile et l'Italie
entière en sont profondément blessés, et c'est
ce qui explique une nouvelle tentative de survoler le pôle Nord
deux ans plus tard, toujours avec un dirigeable construit par Nobile,
mais cette fois avec un équipage entièrement italien.
Malheureusement
le dirigeable «Italia» s'écrase sur la banquise. Le monde entier
s'inquiète pour Nobile et ses hommes. Plusieurs équipes
de secours sont envoyées pour sauver les rescapés. On
demande à Amundsen s'il veut secourir l'homme qu'il considère
comme son pire ennemi. Amundsen répond par l'affirmative. Mais
Mussolini ne veut pas entendre parler d'Amundsen. Plutôt
laisser mourir Nobile que de l'humilier une seconde fois! Alors
délaissé par le gouvernement norvégien, Amundsen
se tourne vers la France pour organiser une équipe de secours
vers la banquise polaire. La France met tout de suite à sa
disposition un hydravion, le Latham, un hydravion qui sort juste des chantiers de Caudebec.
Aux commandes du Latham: le Capitaine de corvette René Guilbaud, secondé par le Lieutenant de vaisseau Albert Cavelier de Cuverville, le Maître mécanicien Gilbert Brazy et le Second Maître radiotélégraphiste Emile Valette, tous quatre appartenant au cadre de l'aviation maritime.

L'avion décolle de Caudebec-en-Caux (Seine-Maritime) le 16 juin et amerrit à Bergen le même soir. Il prend à son bord Roald Amundsen et le lieutenant aviateur Leif Dietrichson. Le 18 juin, ils arrivent à Tromsø à 6 heures du matin et redécollent dix heures plus tard, direction Spitzberg.

La brume de mer combinée avec le soleil de minuit rend sans doute la navigation difficile. On perd le contact radio avec
l'avion quelques heures après son décollage de Tromsø. On ne le reverra plus. L'avion n'a jamais été
retrouvé, et les théories sur le sort du Latham et de
son équipage fleurissent, encore 75 ans plus tard.
Nobile est pendant ce temps secouru par un
aviateur suédois. Ses hommes sont eux recueillis par un
brise-glace soviétique.
En 1934, les croisières Stella Polaris et le journal français Le Temps inaugurent une stèle commémorative du Latham sur la place Amundsen à Tromsø. L'événement est d'importance pour la petite ville de Tromsø, et le journal local dédie plusieurs pages aux discours et à la cérémonie d'inauguration, les 18 et 19 juin. Il faut dire que l'ambassadeur de France est sur place, ainsi que le directeur du Temps.
Sur la place Amundsen, dans le centre-ville, se dresse une petite stèle, érigée en 1934 par le journal français Le Temps et les Croisières de la Stella Polaris avec le texte suivant:
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NORVÈGE – FRANCE |
En 1969, un autre monument est élevé à la mémoire de ceux qui ont perdu leur vie à l'occasion de l'accident du dirigeable «Italia». Le général Nobile lui-même participe à l'inauguration de cette colonne de marbre sur laquelle est inscrite le nom des 20 victimes, italiennes, françaises et norvégiennes. C'est jusqu'à présent le dernier épisode local à la mémoire des quatre Français, coéquipiers d'Amundsen, qu'on a vu vivants pour la dernière fois à Tromsø en 1928.
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Esperantaj paĝoj
Norske sider
Roald Amundsen
article de Wikipedia
Amundsen – le dernier voyage sur le site de Transpol'air
René Guilbaud
sur le site de l'Association des Officiers de Réserve de la Marine Nationale
A ceux du Latham 47 sur le site de Caudebec en Caux
Photos du Latham 47
sur le site de l'Institut Polaire Norvégien (search for «latham»)
© Texte: Claude Rouget (2005) |